Un pigiste m'a écrit la semaine passée : « Votre timer est trop discret. J'oublie qu'il tourne. »
C'est exactement le but.
Le minuteur comme interruption
Les outils qui nous ont précédés — Toggl, Harvest, Clockify — partagent une idée : ton temps est un compte à rebours qu'il faut surveiller. Ils mettent le chronomètre dans la barre de menu. Ils te notifient quand tu oublies de le démarrer. Ils colorient les blocs pour t'avertir d'un dépassement.
Ce sont des gestes d'urgence. Et l'urgence, à petite dose chaque jour, finit par coloniser ton attention.
Ce qu'on a fait à la place
Sablio ne fait pas de bruit. Pas de son, pas de badge rouge, pas de toast, pas de pop-up quand tu franchis ta limite. Le seul signal visuel est le petit point vert dans la fenêtre de l'application, et tu dois aller le chercher pour le voir.
L'idée : tu décides quand tu regardes. Le timer est un outil que tu consultes, pas un assistant qui te tire la manche.
Ça demande un petit réflexe
Il faut deux choses :
- Prendre l'habitude d'ouvrir Sablio en début de séance (on a fait un raccourci clavier global,
⌘Ksur macOS, pour réduire le frottement). - Accepter qu'on va parfois oublier. On ajoute quelques minutes à la fin de la semaine, et on avance.
Ça paraît peu fiable. En pratique, mes six premiers testeurs facturent plus de temps qu'avant — parce qu'ils oubliaient déjà avec leur ancien timer, mais sans s'en rendre compte.
Le respect, pas le contrôle
Un outil de suivi de temps qui te surveille devient un outil de surveillance. C'est pour ça qu'on a écrit le manifeste. Si on commence à sonner pour « t'aider à rester concentré », on n'est plus très loin des captures d'écran toutes les dix minutes.
Le silence, c'est un choix politique.
— Patrick