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18 février 2026·2 min de lecture·Patrick

Le silence comme fonctionnalité.

On a passé trois semaines à débattre s'il fallait une cloche Pomodoro. La réponse a été non. Voici le raisonnement.

Au début de la bêta, trois testeurs m'ont demandé la même chose : « Pouvez-vous ajouter une cloche qui sonne toutes les 25 minutes? » La technique Pomodoro. Classique.

On s'est assis à trois, un lundi matin, et on a débattu pendant trois semaines. Je te fais un résumé.

Pour la cloche

Elle fonctionne. Beaucoup de gens qui ont du mal à tenir une séance trouvent un cadre dans ces cycles de 25 minutes. Ce n'est pas controversé, c'est éprouvé.

Et c'est opt-in. Si tu ne veux pas de cloche, tu ne l'actives pas.

Contre la cloche

Trois objections sont sorties.

La première : une cloche, c'est une notification. Une notification dans un outil de suivi de temps, c'est une interruption. On a déjà écrit un manifeste contre les interruptions. Ce serait contradictoire.

La deuxième : opt-in en théorie, défaut en pratique. Les utilisateurs acceptent les paramètres par défaut. Si on met la cloche à ON par défaut, on impose un rythme. Si on la met à OFF par défaut, on ajoute une fonction que presque personne n'utilisera.

La troisième : les sessions de 25 minutes conviennent à certains travaux et pas à d'autres. Un développeur qui entre dans une boucle de débogage à la 22ᵉ minute va être cassé par la cloche. Un rédacteur qui écrit à la main n'a rien à faire d'une alarme.

Ce qu'on a décidé

Pas de cloche. Pas en V1. Probablement pas en V2.

À la place, on a mis un petit indicateur visuel passif — une lumière verte discrète dans la fenêtre. Tu la regardes si tu veux. Elle ne te regarde pas.

Le silence coûte cher

C'est contre-intuitif, mais ne rien ajouter prend du temps. On aurait pu coder la cloche en un après-midi. Trois semaines de débat ont coûté plus. Mais on a gagné quelque chose : un exemple concret qu'on peut citer chaque fois qu'un utilisateur demande une fonction qui interrompt.

Le silence n'est pas un oubli. C'est un choix qu'on défend.

— Patrick