Tu connais la scène. Dimanche soir, 21 h 40. La télé joue pour personne. Tu ouvres Numbers ou Excel. Tu commences : lundi matin… je pense que j'ai travaillé sur Pivert de 9 h à 11 h 30…
Tu penses.
L'arithmétique de la mémoire
J'ai fait le calcul avec six pigistes. En moyenne, quand ils reconstruisent leur semaine de mémoire le dimanche soir, ils trouvent 29 h 15 facturables.
Quand je leur ai demandé de refaire l'exercice avec leurs courriels et leurs messages Slack sous les yeux, ils trouvaient 31 h 40. Deux heures et demie de différence. Par semaine.
À 70 $/h, ça fait 175 $ par semaine. 9 000 $ par année. Le dimanche soir est l'endroit le plus cher de ta semaine, et tu ne le sais pas.
Ce qui s'évapore
Les gros blocs, tu t'en rappelles. La réunion de deux heures avec Laveries Inc. mercredi, tu vois bien.
Ce qui disparaît :
- le courriel de 11 minutes répondu en marchant mardi matin,
- les 18 minutes passées à relire un contrat jeudi à 16 h 45,
- la recherche Google de 22 minutes sur une question client qui s'est transformée en appel spontané,
- les 8 minutes pour générer le PDF, 6 minutes pour l'envoyer, 3 minutes pour répondre reçu.
Additionne. Fais ça cinq fois par jour. Multiplie par 240 jours ouvrables.
Ce que le tableur fait mal
Il te force à te souvenir. La mémoire humaine ne sert pas à ça. Elle garde l'émotion, le climat, l'idée principale. Elle perd les numéros.
Un outil de suivi, n'importe lequel, capte les 18 minutes en temps réel. Pas parce qu'il est intelligent — parce qu'il était là au moment où tu l'as vécu.
Ce que Sablio change, pas
Sablio ne remplace pas le dimanche soir par magie. Mais quand j'ouvre mon Carnet d'atelier lundi matin, je vois déjà 29 lignes de la semaine précédente. Je passe 11 minutes à les attribuer à des projets, je facture, et mon dimanche soir redevient un dimanche soir.
— Patrick