Une directrice de studio m'a raconté l'histoire un mardi soir au téléphone. Je ne la nommerai pas, mais l'histoire est vraie.
Son équipe utilisait un outil — je ne le nommerai pas non plus — qui calcule un indice de concentration à partir de l'activité du clavier, de la souris et des onglets actifs. L'outil produit un pourcentage. L'équipe avait 78 %.
Un matin, un gestionnaire zélé a copié la capture d'écran du tableau de bord et l'a envoyée au client pour justifier la facture.
Ce qui s'est passé ensuite
Le client, pas bête, a répondu : « Pourquoi seulement 78 ? »
Le reste de la semaine a été consacré à expliquer. À expliquer que 78, c'est élevé. Que l'indice baisse quand on réfléchit, quand on dessine à la main, quand on parle à un collègue. Que l'outil compte mal certaines choses.
Le client a demandé un rabais. Pas énorme. 12 %. Le studio a accepté pour garder la paix.
Le problème plus profond
Personne dans l'équipe n'a cru au chiffre après ça. Chaque fois qu'ils ouvraient l'outil, ils voyaient le pourcentage, et ils se demandaient : qu'est-ce que le client va faire de ça? Au lieu de voir leur travail, ils voyaient leur note.
Trois d'entre eux ont pris l'habitude de laisser l'outil ouvert sur un document pendant qu'ils faisaient autre chose. Parce que regarder un écran statique, ça compte comme concentration.
Ce que Sablio ne fera jamais
Pas de pourcentage. Pas d'indice. Pas de note. Pas de barre de progression morale.
Des durées. Des revenus. Un nombre de sabliers. Des chiffres factuels que tu peux montrer à un client sans devoir les défendre.
Le travail n'est pas un examen
Un professionnel n'a pas besoin d'une note pour savoir s'il a bien travaillé. Il le sait. Son client le sait. L'outil n'a pas à s'interposer pour donner son avis.
Le studio de la directrice a fini par changer d'outil. Pas pour Sablio — ils sont partis vers un tableur. Ce qui, à bien y penser, est une victoire.
— Patrick