Un ami à moi est plombier. Il a 47 ans, deux camions, trois employés. Il facture entre 180 000 $ et 220 000 $ par année selon les années.
Quand il finit un chantier, il range ses outils, il lave ses mains, il monte dans son camion, et il part. Personne ne lui lance de confettis. Personne ne lui dit bravo, tu as complété un défi!
Il ne comprendrait pas l'idée.
L'asymétrie des professions
J'ai remarqué quelque chose en parlant avec des utilisateurs de différents métiers. Les métiers physiques — construction, cuisine, santé — n'utilisent presque jamais d'outils gamifiés. Les métiers de bureau en sont remplis.
Pourquoi? Une hypothèse : dans un métier physique, le travail est visible. Le plancher est posé ou pas. L'omelette est faite ou pas. Le patient va mieux ou pas. Pas besoin d'un écran pour te féliciter.
Dans un métier de bureau, le travail est invisible. Alors on invente des petits voyants verts pour se rassurer qu'on existe.
Le problème avec les petits trophées
Ils infantilisent. C'est le mot juste, désagréable mais précis. Ils traitent un professionnel comme un enfant qui a besoin d'une étoile sur son cahier.
Un pigiste qui facture 85 000 $ par année n'a pas besoin qu'une app le félicite d'avoir complété trois sessions. Il a complété trois sessions parce que c'est son métier. Comme mon ami plombier a soudé trois tuyaux.
Ce qu'on met à la place
Un chiffre. Le total d'heures de la semaine. Le total de revenus du mois. Le nombre de sabliers terminés.
C'est tout. Pas d'étoile, pas de félicitations, pas de tu t'améliores!. Juste le fait brut, présenté sans commentaire.
Le respect comme valeur par défaut
La raison profonde : Sablio est fait pour des gens qui savent déjà travailler. Notre travail à nous n'est pas de les motiver. C'est de ne pas se mettre dans leur chemin.
Si tu as besoin qu'une app te félicite pour travailler, tu n'as pas un problème d'outil. Tu as un problème de boulot, et aucun logiciel ne va le régler.
— Patrick